
Sortie 3 mars 1997
Durée 60’08
Producteur(s) Flood, Howie B, Steve Osborne
Label Island Records
Historique
Après la sortie fin 1995 de l’album avec les Passengers, U2 se remet au travail avec pour objectif de donner au public un successeur à Zooropa. Comme souvent, le groupe propose à Brian Eno de produire le nouveau disque. Mais, l’intérêt du groupe pour la disco notamment, n’intéresse pas vraiment ce dernier et c’est finalement Flood, aidé de Howie B, qui s’attèle à la production de cet opus. Pendant l’enregistrement de l’album, le groupe dut se passer quelques jours des services de son batteur Larry Mullen, souffrant du dos. On le remplaça alors par des boîtes à rythme confectionnées par Flood. On pourrait le qualifier d’album-concept tant son contenu est éclectique, innovant et teinté d’un sarcasme constant. En effet, si U2, même après Achtung Baby et Zooropa aux élans plus libertaires que leurs précédentes œuvres, s’était jusqu’alors contenté de composer des protest-songs explicites, Pop est cette fois un album dont l’ambition n’est ni plus ni moins de lancer un apologue parodique et alarmiste contre la société occidentale consumériste, et ce par le biais notamment du pastiche des productions musicales modernes à instrumentation électronique très lourde. L’album brasse donc de nombreuses influences : pop, rock mais aussi trip-hop et techno. Les trois premiers titres sont effectivement influencés par l’électro (« Discothèque », « Do you Feel Loved », samplé sur un thème composé par Naked Funk et « Mofo » qui sera remixé pour en faire le 6ème single du disque). Cependant, de If God Will Send His Angels, jusqu’à la clôture Wake Up Dead Man – une chute de Zooropa – on revient à du U2 au son certes original mais plus familier. Staring At The Sun, Last Night On Earth, et Gone sont en effet plus « classiques » si on les compare aux trois premiers titres de cet album. On peut reprocher à Pop de ne pas avoir assumé le parti pris de la façon la plus optimale possible : à une première partie rock et dansante, succède à partir de Miami, une partie constituée essentiellement de chansons lentes ou de ballades (d’inspiration reggae pour The Playboy Mansion ou intimistes voire décadentes pour If You Wear That Velvet Dress et Please). Le disque en perd ainsi une partie de son énergie, effet voulu ou non, connaissant l’attachement des Irlandais pour les chansons tristes. Cependant, le propos émis dans la plupart des titres, du discours humaniste de Please ou If God Will Send His Angels aux railleurs et dénonciateurs The Playboy Mansion, Mofo ou encore Miami, s’avère être la véritable architecture du disque. Soutenu (le propos) par une production souvent (et sans doute volontairement) surchargée (attirant ainsi bon nombre d’avis mitigés), Pop parvient à conserver une cohérence malgré son éclectisme et son inachèvement : l’album ayant été, sous la pression d’Island, forcé de paraître plusieurs mois avant la date voulue par le groupe. Donc, cet album reste malgré son lot d’imperfections, une sorte d’ovni parmi les productions musicales des années 90. La tournée monstrueuse et bien-nommée PopMart qui suivra le disque, le prouvera d’autant plus.
Tracklist
1. Discotheque – 5:20
2. Do You Feel Loved – 5:07
3. Mofo – 5:50
4. If God Will Send His Angels – 5:23
5. Staring At The Sun – 4:37
6. Last Night On Earth – 4:46
7. Gone – 4:27
8. Miami – 4:53
9. The Playboy Mansion – 4:42
10. If You Wear That Velvet Dress – 5:15
11. Please – 5:03
12. Wake Up Dead Man – 4:53
Singles
1. Discotheque (Février 1997)
2. Staring At The Sun (Avril 1997)
3. Last Night On Earth (Juillet 1197)
4. Please (Octobre 1997)
5. If God Will Send His Angels (Décembre 1997)
6. Mofo (Décembre 1997)






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